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Nutrition et microbiote : 4ème symposium à Genève

Dans quelle mesure le microbiote intestinal est-il intégré aux résultats cliniques ? Les prébiotiques et les probiotiques peuvent-ils moduler le microbiote intestinal ? Quel est le rôle du microbiote intestinal dans le traitement des cancers ?

Ces quelques questions cruciales ont été soulevées lors du symposium annuel organisé par les Hôpitaux Universitaires de Genève (HUG) et sponsorisé par BINC Genève.

Au cours de cet événement, d’éminents scientifiques et chercheurs suisses et européens se sont penchés sur les multiples interactions entre microbiote, immunité, cancer et nutrition, étayées par des études de cas cliniques.

Un axe majeur décliné au fil des interventions : le lien entre le microbiote et la nutrition ainsi que son potentiel de prévention des maladies. En effet, on observe un intérêt grandissant pour la fonction de modulation du microbiote dans le but contrôler la progression de certaines maladies. Ces champs d’application ouvriraient la voie à de nouveaux domaines de recherche dont ceux de la médecine personnalisée.

Actuellement, des équipes de recherche suisses et européennes mènent des études pour déterminer le rôle du microbiote dans la dénutrition, plus particulièrement la perte de masse musculaire qui lui est associée (cachexie). L’objectif de ces études est d’évaluer les effets des composants nutritionnels et des probiotiques sur le microbiote dans le but d’identifier les bactéries associées à la perte de masse musculaire. Plus globalement, l’identification de l’impact de la nutrition sur le microbiote pourrait conduire à de nouvelles perspectives thérapeutiques.

Au cours du symposium, l’intérêt croissant de la science pour l’identification des interactions entre le microbiote et le cancer a également été un sujet central. Des recherches préliminaires ont montré que le microbiote pourrait être un facteur de risque dans l’apparition de certains cancers. Des études récentes suggèrent d’ailleurs que le microbiote intestinal joue un rôle prépondérant dans l’efficacité de certains traitements anticancéreux.

L’un des axes de développemnt repose sur l’hypothèse selon laquelle, la nutrition pourrait moduler le microbiote intestinal, influencer ensuite le système immunitaire et donc le pronostic des patients cancéreux.

L’analyse du microbiote, et plus particulièrement sa modulation avec la nutrition, les probiotiques (permettant la prolifération de certaines bactéries) et les prébiotiques (bactéries vivantes) pourraient devenir des options thérapeutiques supplémentaires pour prévenir les maladies.

Le professeur Schrenzel, chef du Laboratoire de bactériologie et de recherche génomique des Hôpitaux universitaires de Genève, a également souligné l’importance des processus de recherche technique en précisant que :  » Dans l’état actuel de la recherche, chaque microbiote humain étant unique, les chercheurs doivent fournir des informations détaillées sur les conditions dans lesquelles leurs expériences sont menées. Des méthodes standardisées seront nécessaires pour comparer les résultats et optimiser l’analyse des données scientifiques à l’avenir. »

La fondation BINC Genève, a eu l’honneur de sponsoriser ce symposium scientifique rassemblant plus de 350 professionnels de la santé. Pour conclure, comme l’a déclaré le professeur Genton, médecin nutritionniste à l’Hôpital universitaire de Genève et co-organisateur du symposium sur la nutrition et les microbiotes :

« Le succès de ce colloque de 2019 repose sur l’approche de la recherche translationnelle qui ne se concentre pas uniquement sur la recherche fondamentale, mais place les observations et les avancées cliniques au centre de celle-ci. »