Obésité infantile et nutrition 

L’obésité se manifeste par une accumulation excessive de graisse corporelle qui présente un risque pour la santé.

L’incidence du surpoids chez les enfants de moins de 5 ans est passée de 31 millions en 1990 à 41 millions en 2016. Pour les enfants de moins de 5 ans, la surcharge pondérale et l’obésité sont définies comme étant 2 ou 3 écarts types au-dessus de la médiane des normes de croissance de l’OMS.

Les répercussions sur la santé et la qualité de vie sont immédiates et peuvent avoir un impact tout au long de la vie des enfants touchés. Les problèmes psychosociaux comme la mauvaise estime de soi, l’anxiété et la dépression sont également plus importants chez cette population .

La probabilité d’être obèse à l’âge adulte augmente, au même titre que le développement des risques de maladies non transmissibles comme le diabète de type 2, les maladies cardiovasculaires, certains types de cancer et les troubles musculo-squelettiques.

La consommation de boissons sucrées, les régimes alimentaires riches en énergie et une activité physique inadéquate sont autant de facteurs déterminants dans le développement de l’obésité infantile, mais les interactions complexes entre l’enfant, la famille et la communauté jouent également un rôle central.

Les jeunes enfants sont dépendants de la nourriture mise à leur disposition par les personnes qui s’occupent d’eux et imitent les comportements des parents dès leur plus jeune âge. Pour cette raison, les interventions efficaces de prévention de l’obésité infantile doivent impliquer les parents, les écoles et la communauté.

Les possibilités de prévention de l’obésité 

Les facteurs du début de la vie peuvent influer sur le risque d’obésité et d’autres maladies non transmissibles. Les hypothèses scientifiques du (DOHaD) partent du postulat que les expériences vécues pendant les périodes critiques du développement ont des conséquences sur la santé à long terme.

La grossesse

Des études épidémiologiques ont établi une relation en forme de ” U ” entre le risque d’obésité et le poids à la naissance, qui est un indicateur d’une dénutrition pendant la période intra-utérine. L’insuffisance pondérale à la naissance peut être le résultat de la dénutrition maternelle, d’une insuffisance placentaire ou d’autres facteurs qui limitent les nutriments disponibles pour le foetus en développement. D’autre part, l’obésité maternelle, le gain de poids excessif pendant la grossesse ou le diabète gestationnel peuvent entraîner un transfert excessif de nutriments et un poids élevé à la naissance.

L’allaitement

Outre ses nombreux bienfaits pour la santé maternelle et infantile, l’allaitement maternel a également été associé à une diminution du risque d’obésité. La composition du lait maternel s’adapte aux besoins spécifiques du nourrisson et contient des substances bioactives qui contribuent à la maturation des organes et à la colonisation microbienne. De fait, l’allaitement maternel peut favoriser l’autorégulation de l’apport alimentaire et la croissance du nourrisson.

La période de diversification alimentaire

Pendant la période de diversification alimentaire, les enfants font leurs premières expériences avec de nouvelles variétés d’ aliments et de textures. Des études ont prouvé que les habitudes alimentaires établies pendant la petite enfance peuvent se poursuivre jusqu’à l’enfance et à l’adolescence. Des enfants consommant une plus grande variété d’aliments nutritifs, y compris des fruits et des légumes, auront une probabilité plus importante de consommer ces mêmes aliments dans le cadre d’une alimentation saine plus tard dans leur vie.

Dans l’optique de prévention de l’obésité infantile, les efforts doivent être axés sur l’optimisation de la nutrition et la prise de poids pendant la grossesse, la détection précoce, la prise en charge du diabète gestationnel et la promotion de l’allaitement.

De plus, les parents devront jouer un rôle crucial en introduisant une grande variété d’aliments sains et en préconisant une activité physique régulière pour leurs enfants.