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Zoom sur la recherche : santé maternelle

Influence de la dépression post-partum et du traitement probiotique sur la sérotonine et les comportements de soins maternels

Par Jodi Pawluski (Rennes, France) et Joseph Lonstein (Michigan State University, États-Unis)

La dépression post-partum (DPP) est un trouble très courant, qui affecte négativement plus de 15 % des millions de femmes récemment accouchées dans le monde. L’un des principaux systèmes de neurotransmetteurs impliqués dans la dépression post-partum est la sérotonine.

Cependant, à ce stade, le fonctionnement du système sérotoninergique pendant la période péripartum face à la dépression ou même dans des conditions post-partum saines reste encore peu connu. Étant donné le nombre croissant de preuves liant le microbiote intestinal à la chimie du cerveau et aux maladies mentales, les suppléments alimentaires comme les probiotiques sont des paramètres précieux pour améliorer les symptômes de la dépression post-partum.  Une étude suggère déjà que le traitement probiotique pourrait protéger contre les symptômes de la dépression post-partum chez les femmes ou les atténuer (Slykerman et al, 2017) par l’intermédiaire de l’acide aminé tryptophane et du neurotransmetteur sérotonine (qui dérive du tryptophane). Par conséquent, les objectifs de notre recherche financée par BINC consistent à observer le stress pendant la grossesse comme modèle de dépression post- partum afin de comprendre :

– Comment le traitement probiotique affecte l’axe intestin-encéphale et les comportements affectifs post-partum chez la mère?

– Comment le stress durant la grossesse et le traitement probiotique modifie le système sérotongique central au début du post-partum?

Nous émettons l’hypothèse que le stress de la grossesse modifiera les changements normatifs dans le système central de sérotonine maternelle et de l’intestin, conduisant à des comportements dépressifs et une dégradation des soins maternels.

Nous envisageons le traitement probiotique comme un protection potentielle contre cette dégradation. Les résultats de cette nouvelle recherche feront grandement progresser les connaissances sur l’axe intestin-cerveau maternel et pourraient améliorer considérablement le traitement de millions de femmes souffrant d’une maladie mentale postpartum.