Entretien avec les experts

Quel pourrait être l'impact de la dépression pré et post-natale sur la santé maternelle ? Quel est le rôle des probiotiques dans la petite enfance ? Comment les oligosaccharides du lait humain jouent-ils un rôle crucial dans la nutrition infantile ? Qu'est-ce qui se cache derrière les allergies des nourrissons ?

Toutes ces questions seront abordées dans notre nouvelle série de sites web EXPERTS INTERVIEW, dans laquelle des experts de premier plan du monde de la santé fourniront des informations scientifiques pertinentes.

Premier épisode : Interview du professeur Jayashri Kulkarni sur la dépression pré et post-natale.


L’effet synergique des probiotiques

Issus de la combinaison entre prébiotiques et probiotiques, les symbiotiques, ont une action favorable sur la santé gastro-intestinale.

L’explication en images


Candidatez au programme de financement de recherche 2020

Biostime Institute for Nutrition and Care (BINC) à Genève stimule l'innovation et la recherche académique en matière de santé maternelle et infantile,  dans les domaines de  la nutrition, des soins et de la psychologie. Chaque année, les bourses de recherche du BINC apportent un soutien financier à des projets innovants menés par des scientifiques basés dans des universités de haut niveau, des hôpitaux ou des institutions universitaires de premier plan.

Les subventions s'élèvent à 50 000 euros par projet pour la recherche préclinique et à 100 000 euros par projet pour la recherche clinique. Les candidatures pour 2020 sont désormais ouvertes et doivent être déposées au plus tard le 16 mars 2020.

Pour candidater

 


Zoom sur la recherche : santé maternelle

Influence de la dépression post-partum et du traitement probiotique sur la sérotonine et les comportements de soins maternels

Par Jodi Pawluski (Rennes, France) et Joseph Lonstein (Michigan State University, États-Unis)

La dépression post-partum (DPP) est un trouble très courant, qui affecte négativement plus de 15 % des millions de femmes récemment accouchées dans le monde. L'un des principaux systèmes de neurotransmetteurs impliqués dans la dépression post-partum est la sérotonine.

Cependant, à ce stade, le fonctionnement du système sérotoninergique pendant la période péripartum face à la dépression ou même dans des conditions post-partum saines reste encore peu connu. Étant donné le nombre croissant de preuves liant le microbiote intestinal à la chimie du cerveau et aux maladies mentales, les suppléments alimentaires comme les probiotiques sont des paramètres précieux pour améliorer les symptômes de la dépression post-partum.  Une étude suggère déjà que le traitement probiotique pourrait protéger contre les symptômes de la dépression post-partum chez les femmes ou les atténuer (Slykerman et al, 2017) par l'intermédiaire de l'acide aminé tryptophane et du neurotransmetteur sérotonine (qui dérive du tryptophane). Par conséquent, les objectifs de notre recherche financée par BINC consistent à observer le stress pendant la grossesse comme modèle de dépression post- partum afin de comprendre :

- Comment le traitement probiotique affecte l'axe intestin-encéphale et les comportements affectifs post-partum chez la mère?

- Comment le stress durant la grossesse et le traitement probiotique modifie le système sérotongique central au début du post-partum?

Nous émettons l'hypothèse que le stress de la grossesse modifiera les changements normatifs dans le système central de sérotonine maternelle et de l'intestin, conduisant à des comportements dépressifs et une dégradation des soins maternels.

Nous envisageons le traitement probiotique comme un protection potentielle contre cette dégradation. Les résultats de cette nouvelle recherche feront grandement progresser les connaissances sur l'axe intestin-cerveau maternel et pourraient améliorer considérablement le traitement de millions de femmes souffrant d'une maladie mentale postpartum.


Les MFGMs

Découvrez en images la membrane de globule gras du lait, MFGM.

https://www.youtube.com/watch?v=TiHOFhe1Y1M


Obésité infantile et nutrition 

L'obésité se manifeste par une accumulation excessive de graisse corporelle qui présente un risque pour la santé.

L'incidence du surpoids chez les enfants de moins de 5 ans est passée de 31 millions en 1990 à 41 millions en 2016. Pour les enfants de moins de 5 ans, la surcharge pondérale et l'obésité sont définies comme étant 2 ou 3 écarts types au-dessus de la médiane des normes de croissance de l'OMS.

Les répercussions sur la santé et la qualité de vie sont immédiates et peuvent avoir un impact tout au long de la vie des enfants touchés. Les problèmes psychosociaux comme la mauvaise estime de soi, l'anxiété et la dépression sont également plus importants chez cette population .

La probabilité d'être obèse à l'âge adulte augmente, au même titre que le développement des risques de maladies non transmissibles comme le diabète de type 2, les maladies cardiovasculaires, certains types de cancer et les troubles musculo-squelettiques.

La consommation de boissons sucrées, les régimes alimentaires riches en énergie et une activité physique inadéquate sont autant de facteurs déterminants dans le développement de l'obésité infantile, mais les interactions complexes entre l'enfant, la famille et la communauté jouent également un rôle central.

Les jeunes enfants sont dépendants de la nourriture mise à leur disposition par les personnes qui s'occupent d'eux et imitent les comportements des parents dès leur plus jeune âge. Pour cette raison, les interventions efficaces de prévention de l'obésité infantile doivent impliquer les parents, les écoles et la communauté.

Les possibilités de prévention de l'obésité 

Les facteurs du début de la vie peuvent influer sur le risque d'obésité et d'autres maladies non transmissibles. Les hypothèses scientifiques du (DOHaD) partent du postulat que les expériences vécues pendant les périodes critiques du développement ont des conséquences sur la santé à long terme.

La grossesse

Des études épidémiologiques ont établi une relation en forme de " U " entre le risque d'obésité et le poids à la naissance, qui est un indicateur d'une dénutrition pendant la période intra-utérine. L'insuffisance pondérale à la naissance peut être le résultat de la dénutrition maternelle, d'une insuffisance placentaire ou d'autres facteurs qui limitent les nutriments disponibles pour le foetus en développement. D'autre part, l'obésité maternelle, le gain de poids excessif pendant la grossesse ou le diabète gestationnel peuvent entraîner un transfert excessif de nutriments et un poids élevé à la naissance.

L'allaitement

Outre ses nombreux bienfaits pour la santé maternelle et infantile, l'allaitement maternel a également été associé à une diminution du risque d'obésité. La composition du lait maternel s'adapte aux besoins spécifiques du nourrisson et contient des substances bioactives qui contribuent à la maturation des organes et à la colonisation microbienne. De fait, l'allaitement maternel peut favoriser l'autorégulation de l'apport alimentaire et la croissance du nourrisson.

La période de diversification alimentaire

Pendant la période de diversification alimentaire, les enfants font leurs premières expériences avec de nouvelles variétés d' aliments et de textures. Des études ont prouvé que les habitudes alimentaires établies pendant la petite enfance peuvent se poursuivre jusqu'à l'enfance et à l'adolescence. Des enfants consommant une plus grande variété d'aliments nutritifs, y compris des fruits et des légumes, auront une probabilité plus importante de consommer ces mêmes aliments dans le cadre d'une alimentation saine plus tard dans leur vie.

Dans l'optique de prévention de l'obésité infantile, les efforts doivent être axés sur l'optimisation de la nutrition et la prise de poids pendant la grossesse, la détection précoce, la prise en charge du diabète gestationnel et la promotion de l'allaitement.

De plus, les parents devront jouer un rôle crucial en introduisant une grande variété d'aliments sains et en préconisant une activité physique régulière pour leurs enfants.


BINC funding programme 2019 awardees and BINC Team

Remise de prix et conférences

Le programme de financement BINC 2019 : une cérémonie de remise de prix 

Biostime Institute for Nutrition and care (BINC) a eu l’honneur d’organiser une remise de prix à Genève, destinée aux 5 lauréats des bourses de recherche scientifique, sélectionnés dans le cadre de son programme de financement 2019. Les projets sélectionnés sont liés à la santé maternelle et infantile des axes de recherche: microbiote, développement cérébral du nourrisson, nutrition et obésité infantile, santé maternelle.

2019 : les programmes de recherche sélectionnés

Microbiote

Ronchi, F. (Université de Berne, Suisse). Le rôle du microbiote dans l'homéostasie cérébrale à l'âge adulte et chez les nourrissons.

Langella, P. (INRA, France). Exploration des facteurs périnataux sur la transmission verticale du microbiote : modulation du microbiote intestinal au début de la vie pour prévenir les effets à long terme.

 

Développement cérébral du nourrisson

Aberts, J. (Université de l'Indiana, États-Unis). Le microbiome mère -enfant et son influence sur le développement neurocomportemental.

 

Santé maternelle

Pawluski, J. (INSERM, Rennes). Influence de la dépression post-partum et des probiotiques sur la sérotonine cérébrale maternelle.

 

Nutrition des enfants et obésité

Eberl, G. (Institut Pasteur, Paris). L'homéostasie intestinale dans la prévention de l'obésité pédiatrique et ses conséquences sur la santé

 

WOM: Sonder les mystères du microbiote

Biostime Institute for nutrition and care s'est inscrit comme l'un des sponsors pour la première éditiondu  congrès World of Microbiome (WoMPBI 2019),  tenu à Milan, du 31 octobre au 2 novembre. Ce congrès a rassemblé plus de 400 participants, des professionnels de la santé,  experts en microbiologie, immunologie, néonatologie et pédiatrie.

DOHaD 2019: Investir pour la santé des générations futures

BINC a sponsorisé  la conférence DOHaD (Development Origin of Health and Disease) qui s'est tenue du 20 au 23 octobre 2019, à Melbourne. Les programmes de recherche de BINC en matière de santé des nourrissons ont été présentés dans le cadre de ce congrés, en présence de plus de  1 000 chercheurs et professionnels de la santé,  réunis à cette occasion pour aborder les nombreux défis impactant la santé des mères et des nourrissons.