Biostime institute for Nutrition and Care : vers de nouveaux partenariats

Biostime institute for Nutrition and Care : vers de nouveaux partenariats professionnels
BINC est fier de devenir membres de deux organisations professionnelles de premier plan : SwissFoundations et l'ISAPP (International Scientific Association of Probiotics and Prebiotics).

Fondé en 2001 à l'initiative de onze fondations, SwissFoundations est un réseau actif dédié à l'innovation. Il encourage le partage d'expérience, la transparence et le professionnalisme dans le secteur des fondations caritatives suisses.
Fondée en 2002, l'ISAPP est une organisation à but non lucratif qui rassemble des experts scientifiques de renommée mondiale pour sensibiliser et sensibiliser les professionnels et le public aux questions relatives aux probiotiques et aux prébiotiques.



Le monde du microbiote

Pourquoi le microbiote est-il si important pour la santé des nourrissons ?

Le microbiote occupe un rôle central pour le développement et la santé du futur adulte.

Les 1000 premiers jours après la conception (y compris la période de grossesse et les deux premières années de vie) sont cruciaux pour l'établissement du microbiote intestinal infantile, parallèlement au développement du système immunitaire.

Le microbiote joue un rôle central dans la santé des nouveau-nés et des nourrissons, puisqu’il agit comme une protection puissante et efficace contre les agents pathogènes, tout en participant à la maturation de leur système immunitaire.

Comment le microbiote s'établit-il ?

L’une des hypothèses, bien que controversée, a suggéré que la formation du microbiote pourrait démarrer avant la naissance. Des études ont montré une forte corrélation entre les infections intra-utérines et les accouchements prématurés. Il est intéressant de noter, que la plupart des bactéries détectées dans ces infections ont été retrouvées également dans le microbiote vaginal maternel des nourrissons concernés.

En outre, le microbiote des nouveau-nés accouchés par voie vaginale s’apparente également au microbiote vaginal maternel, notamment par la présence d’espèces dominantes de Lactobacillus et Prevotella. Les observations menées sur les nourrissons nés par césarienne ont montré que ces derniers semblent contenir des microbiotes cutanés semblables aux microbiotes maternels, notamment par la présence de bactéries Staphylococcus, Corynebacterium et Propionibacterium (d’autres bactéries, liées à l' environnement dans lesquels les nourrissons évoluent, ont été retrouvées).

La détection de bactéries  dans le méconium comme Enterococcus et Escherichia, ainsi que la présence de bactéries et d'ADN bactérien  mère-foetus indiquent l'existence d'un environnement utéro-microbien potentiel.

Cependant, les mécanismes par lesquels les bactéries pourraient atteindre la cavité gestationnelle et l’hypothèse selon laquelle celles-ci peuvent avoir des effets bénéfiques sur le futur état de santé des nouveau-nés font l’objet d'études plus approfondies.

Comme évoqué, la colonisation néonatale du microbiote est un processus qui peut être influencé par de multiples facteurs. Le mode d'accouchement, l'allaitement et l'utilisation d'antibiotiques tôt dans la vie sont autant de facteurs qui influencent la composition du microbiote.

D’autre part, la modification de la composition microbienne observée chez les nourrissons nés par césarienne peut également affecter le processus de maturation du système immunitaire et contribuer à des maladies liées à un déséquilibre immunitaire, notamment l'asthme, les troubles atopiques et allergiques.

Quel est le rôle du lait maternel sur le microbiote ?

Le lait maternel, qui est considéré comme la solution optimale de l'alimentation infantile, favorise la formation du microbiote. L'allaitement maternel a été associé à une diminution de la mortalité chez les nourrissons et à une diminution de l'incidence des infections gastro-intestinales et des maladies inflammatoires, respiratoires et allergiques.

En effet, le lait maternel contient une grande variété de composés prébiotiques qui favorise l'établissement et la croissance du microbiote dans l'intestin du nourrisson.

Les composés prébiotiques présents dans le lait maternel sont essentiels car ils jouent un rôle clé en facilitant l'ensemencement de bonnes bactéries dans l'intestin du nourrisson.  Ils améliorent ainsi la digestion, tout en offrant une protection contre les agents pathogènes et en améliorant les fonctions de la barrière intestinale.

Zoom sur les oligosaccharides du lait maternel : favoriser la croissance de bonnes bactéries dans les intestins des nourrissons

Parmi les prébiotiques présents dans le lait maternel figurent les oligosaccharides du lait humain (HMO), qui sont des glucides complexes présents en fortes concentrations dans le lait humain (5-20 g/L).17

Les HMOs (Human Milk Oligosaccharides) constituent la troisième classe de biomolécules la plus abondante dans le lait maternel après le lactose et les lipides.

Essentiels, les oligosaccharides atteignent le côlon où ils servent de substrat pour la fermentation de "bonnes " bactéries comme les bifidobactéries et les lactobacilles. Les composés résultant de cette fermentation, comme le lactate et les acides gras à chaîne courte, dont l'acétate et le butyrate et autres métabolites, constituent la principale source d'énergie des colonies bactériennes, protégeant ainsi le système immunitaire.

Des oligosaccharides prébiotiques spécifiques, comme les galacto- et fructo-oligosaccharides à chaîne courte et les fructo-oligosaccharides à chaîne longue (GOS/FOS), ont également démontré leur capacité à réduire le développement de l'eczéma atopique et des allergies ainsi qu' à l'impact des infections chez les nourrissons.

 


Nutrition et microbiote : 4ème symposium à Genève

Dans quelle mesure le microbiote intestinal est-il intégré aux résultats cliniques ? Les prébiotiques et les probiotiques peuvent-ils moduler le microbiote intestinal ? Quel est le rôle du microbiote intestinal dans le traitement des cancers ?

Ces quelques questions cruciales ont été soulevées lors du symposium annuel organisé par les Hôpitaux Universitaires de Genève (HUG) et sponsorisé par BINC Genève.

Au cours de cet événement, d'éminents scientifiques et chercheurs suisses et européens se sont penchés sur les multiples interactions entre microbiote, immunité, cancer et nutrition, étayées par des études de cas cliniques.

Un axe majeur décliné au fil des interventions : le lien entre le microbiote et la nutrition ainsi que son potentiel de prévention des maladies. En effet, on observe un intérêt grandissant pour la fonction de modulation du microbiote dans le but contrôler la progression de certaines maladies. Ces champs d’application ouvriraient la voie à de nouveaux domaines de recherche dont ceux de la médecine personnalisée.

Actuellement, des équipes de recherche suisses et européennes mènent des études pour déterminer le rôle du microbiote dans la dénutrition, plus particulièrement la perte de masse musculaire qui lui est associée (cachexie). L’objectif de ces études est d’évaluer les effets des composants nutritionnels et des probiotiques sur le microbiote dans le but d'identifier les bactéries associées à la perte de masse musculaire. Plus globalement, l'identification de l'impact de la nutrition sur le microbiote pourrait conduire à de nouvelles perspectives thérapeutiques.

Au cours du symposium, l'intérêt croissant de la science pour l'identification des interactions entre le microbiote et le cancer a également été un sujet central. Des recherches préliminaires ont montré que le microbiote pourrait être un facteur de risque dans l'apparition de certains cancers. Des études récentes suggèrent d’ailleurs que le microbiote intestinal joue un rôle prépondérant dans l'efficacité de certains traitements anticancéreux.

L’un des axes de développemnt repose sur l’hypothèse selon laquelle, la nutrition pourrait moduler le microbiote intestinal, influencer ensuite le système immunitaire et donc le pronostic des patients cancéreux.

L'analyse du microbiote, et plus particulièrement sa modulation avec la nutrition, les probiotiques (permettant la prolifération de certaines bactéries) et les prébiotiques (bactéries vivantes) pourraient devenir des options thérapeutiques supplémentaires pour prévenir les maladies.

Le professeur Schrenzel, chef du Laboratoire de bactériologie et de recherche génomique des Hôpitaux universitaires de Genève, a également souligné l'importance des processus de recherche technique en précisant que : " Dans l'état actuel de la recherche, chaque microbiote humain étant unique, les chercheurs doivent fournir des informations détaillées sur les conditions dans lesquelles leurs expériences sont menées. Des méthodes standardisées seront nécessaires pour comparer les résultats et optimiser l'analyse des données scientifiques à l'avenir."

La fondation BINC Genève, a eu l’honneur de sponsoriser ce symposium scientifique rassemblant plus de 350 professionnels de la santé. Pour conclure, comme l'a déclaré le professeur Genton, médecin nutritionniste à l'Hôpital universitaire de Genève et co-organisateur du symposium sur la nutrition et les microbiotes :

"Le succès de ce colloque de 2019 repose sur l'approche de la recherche translationnelle qui ne se concentre pas uniquement sur la recherche fondamentale, mais place les observations et les avancées cliniques au centre de celle-ci."


BINC Prof. ARDYTHE L. MORROW

Comprendre la composition du lait maternel

Par Ardythe L. Morrow, PhD, MSc, Professeur émérite, Université de Cincinnati et Cincinnati Children's Hospital Medical Center, Cincinnati, Ohio, USA

Les pédiatres et professionnels de la santé reconnaissent que l'allaitement maternel est la référence en matière de nutrition infantile.

En effet, une analyse comparative établie suite au prélèvement de laits de centaines d'espèces de mammifères, a démontré que le lait répond aux besoins particuliers de croissance et de développement propre à chacune d’entre elles.

A titre d’exemple, le lait bovin est adapté à la croissance rapide de ces derniers. Il contient un taux de protéines trois fois supérieur à celui du lait humain.

Le lait de baleine contient environ dix fois plus de gras que le lait maternel humain, fournissant ainsi l'énergie dont les baleineaux ont besoin.

Il est intéressant de noter que le lait maternel humain contient les formes les plus abondantes et les plus diverses de glucides bioactifs (oligosaccharides), qui favorisent le développement du cerveau, du microbiote intestinal et du système immunitaire des nourrissons. Il fournit un mélange unique de composants bioactifs distincts des autres laits qui aident à former et à améliorer le développement du nourrisson. Les composants bioactifs les plus abondants sont les oligosaccharides du lait maternel.

Des anticorps spécifiques à l'environnement du nourrisson, ainsi que des protéines, des peptides et d'autres composants sont également présents dans le lait maternel. Des études ont d’ailleurs montré l'allaitement réduit le risque de décès, diminue les troubles infectieux et immunitaires et améliore le développement cognitif du nourrisson.

Le lait maternel est un liquide dynamique dont la composition varie systématiquement au cours de la lactation, en fonction de l'âge gestationnel du bébé et au cours de l'allaitement.

Dans l'ensemble, ces différences dans la composition du lait sont censées soutenir la croissance et les besoins de développement du nourrisson à un stade spécifique. Le colostrum est la première sécrétion que la glande mammaire produit après l'accouchement. Produit en faible quantité pendant les premiers jours après la naissance, le colostrum est riche en protéines. Il est suivi par le lait de transition, puis par le lait mature. Au cours de la lactation, les changements dans la composition du lait dépendent de ses composants. Par exemple, les niveaux de protéines et d'oligosaccharides, diminuent au cours de la lactation, ce qui n’est pas le cas des lipides. La maturité à la naissance influence également la composition du lait. Par exemple, les mères dont les nourrissons nés prématurément ont des taux plus élevés de protéines du lait au cours des premières semaines de vie. Le lait de début de tétée « pré lait » est moins riche en matières grasses et en cellules que le lait mature, de fin de tétée.

Certains composants du lait diffèrent entre les mères et les populations, influencés par des mécanismes de causalité différents. Les différences dans la composition des acides gras, des vitamines et des substances phytochimiques reflètent les habitudes alimentaires de la mère. Les taux d'oligosaccharides dans le lait maternel quant eux diffèrent selon la génétique maternelle, tandis que les taux d'immunoglobulines et d'autres protéines de défense varient en fonction des expositions microbiennes de la mère. Mais la composition de base du lait maternel humain est généralement identique chez toutes les mères. Les différences observées peuvent consister à la composition du lait à la situation du nourrisson.

Les mères qui allaitent doivent savoir que leur propre lait répond de manière optimale aux besoins de développement du nourrisson. Aucune formule ne reproduit le lait maternel, qui est un liquide complexe et dynamique. Mais au fur et à mesure des avancées scientifiques dans le domaine, les résultats contribuent à améliorer la nutrition des nourrissons.

 

 


Colonisation du microbiote intestinal et dermatite atopique

Dr Clarissa Schwab/Christian Lacroix - EZH (Suisse) Laboratory for Food Biotechnology Zurich, Suisse dirige une étude sur " La Colonisation du microbiote intestinal et les risque d'allergies et de dermatite atopique associés".

Ce projet de recherche a été sélectionné avec succès en 2018, dans le cadre des programmes de financement alloués par la fondation BINC, à Genève.

L'objectif est d'analyser si la colonisation intestinale par la production de butyrate (acide gras) peut avoir un impact sur la dermatite atopique.

Force est de constater que le développement du microbiote intestinal est influencé par le mode d'administration, le régime alimentaire, le mode de vie et les paramètres environnementaux, tels que la proximité des animaux. Ces paramètres affectent la composition et l'activité du microbiote intestinal, comme la formation d'acides gras à chaîne courte. Les principaux acides gras à chaîne courte dans l'intestin humain sont l'acétate, le butyrate et le propionate. Il est important de noter que l’on a pu observer certaines corrélations entre l'apparition de production de butyrate et la gravité de la dermatite atopique chez les nourrissons.

L’étude menée s’appuie sur l'hypothèse que la colonisation par les producteurs de butyrate est un facteur déterminant dans le développement des maladies allergiques. Des tests utilisant des échantillons fécaux provenant d'une étude de cohorte de naissance de Saint-Gall (étude CARE-allergie, nutrition et environnement pour enfants) sont prévus pour étudier cette hypothèse.

De plus, un ensemble d'outils d'analyse dépendants et indépendants de la culture (par exemple la PCR quantitative, le séquençage des amplicons d'ARNr 16S) seront combinés pour comparer l'abondance des producteurs de butyrate chez les enfants sains et les enfants atteints de dermatite atopique pendant la première année de leur vie.

Plus largement, cette étude vise à contribuer à la compréhension du développement du microbiote intestinal et de son lien avec les maladies allergiques de l'enfance. Le microbiote intestinal dans les premières années de la vie peut représenter une cible critique pour la prévention ou la gestion des maladies allergiques. Ainsi, les résultats obtenus dans le cadre de ce projet de recherche pourraient mener à une approche thérapeutique utilisant des microbes intestinaux producteurs de butyrate comme biothérapies vivantes pour réduire le risque de développement allergique.